Sur insistance de son grand-père, Debbie prend le train à Bruxelles pour renouer avec son père qu’elle n’a pas vu depuis dix ans. Enfant non souhaité de parents trop jeunes, celui-ci en a gardé une blessure et une violence qu’il noie depuis longtemps dans l’alcool. Il vit à Rotterdam, dans un pays qu’elle évite, et parle une langue qu’elle comprend à peine. Debbie a des rêves, qu’elle ne parvient pas à transformer en projets. Elle a rencontré un homme formidable, qu’elle ne s’autorise pas à aimer. Convoquer le passé par bribes, c’est apprivoiser une histoire connue, en découvrir d’autres pans mieux cachés. C’est grandir, surtout, en espérant s’affranchir d’une pseudo destinée.
Voici un texte singulier, dérangeant et plein d’énergie, dans lequel une jeune femme trouve peu à peu sa force. La crudité du réalisme social est tempérée par une lumière de vie intense, portée notamment par la langue inventive, nerveuse et parfois facétieuse.