Et si l’écoanxiété devenait la trame d’une comédie romantique irrésistible ?
Avec son titre à rallonge aussi intrigant que prometteur, Comment j’ai résolu l’épineux problème du changement climatique (et trouvé l’amour) de Sofia Giovanditti coche toutes les cases du roman feel good… mais en version consciente, engagée et un brin chaotique.
Bienvenue dans la vie de Valentina, 35 ans, prof de français, célibataire, fan de bains brûlants et de voyages exotiques. Le roman débute sur une scène aussi drôle que révélatrice : Valentina s’évanouit... devant le gâteau d’anniversaire de sa nièce. Pas à cause du sucre, non. Mais parce que, derrière la nappe en plastique et les ballons jetables, le poids du monde – ou plutôt celui du climat – vient de lui tomber dessus.
Un diagnostic inattendu : écoanxiété aiguë
Après cet épisode embarrassant, Valentina consulte une psy. Le verdict tombe : elle souffre d’écoanxiété, ce mal contemporain qui touche de plus en plus de personnes sensibles aux enjeux environnementaux. Le changement climatique l’obsède, la paralyse, l’effraie. Il est partout, dans les journaux, les conversations, les décisions quotidiennes, et Valentina ne sait plus comment vivre avec cette conscience devenue trop lourde.
La solution ? Agir. Bouger. Changer. Mais comment faire quand on est entourée d’amis climatosceptiques (ou tout simplement indifférents), que ses petits plaisirs sont à l’opposé de tout engagement écologique, et qu’on rêve encore secrètement de s’enfuir au soleil en avion low cost ?
Du déni au déclic : une transition pleine de maladresses
Sofia Giovanditti excelle à dépeindre les contradictions d’un quotidien moderne, où l’on veut bien faire… mais pas trop vite, pas trop mal, et sans trop renoncer. Avec une autodérision tendre et percutante, elle fait de Valentina une héroïne dans laquelle beaucoup se reconnaîtront : imparfaite, touchante, drôle, et souvent dépassée par ses propres élans de bonne volonté.
Recycler ? Facile, jusqu’à ce qu’il faille trier les pots de yaourt avec code-barres. Devenir végétarienne ? Pourquoi pas, sauf le dimanche chez Mamie. Supprimer le chauffage ? Oui, mais pas en février. Bref, entre culpabilité écologique et tentation consumériste, Valentina va devoir naviguer à vue pour trouver un équilibre entre idéal et réalité.
Et l’amour dans tout ça ?
Car ce roman ne parle pas que de climat. Comme son titre l’annonce, il y a aussi de l’amour. Mais là encore, rien n’est simple. Les rencontres amoureuses de Valentina, souvent désastreuses, sont un miroir hilarant de ses engagements récents. Doit-on swiper à gauche si un profil Tinder affiche une photo en safari ou en jet-ski ? Peut-on tomber amoureuse d’un amateur de viande rouge et de SUV ? Et surtout, peut-on aimer quelqu’un profondément, sans s’oublier soi-même ?
C’est là toute la force de ce roman : mêler prise de conscience personnelle et quête affective, sans jamais verser dans le pathos ou la leçon de morale. L’évolution de Valentina est subtile, progressive, et toujours rythmée par une plume vive et pleine d’esprit.
Un roman pour rire, réfléchir… et peut-être changer un peu
Comment j’ai résolu l’épineux problème du changement climatique (et trouvé l’amour) est une comédie douce-amère qui parle de notre époque avec justesse et humour. Sofia Giovanditti ne prétend pas donner de solutions miracles, mais elle offre un miroir à toutes celles et ceux qui cherchent, tâtonnent, et veulent faire mieux sans renoncer à tout ce qui les rend vivants.
C’est un roman sur la peur, l’engagement, le confort, la solitude, le renoncement... et surtout, sur le pouvoir du lien – avec soi-même, avec les autres, et avec la planète.
Un vrai coup de cœur, à lire avec le sourire… même s’il est parfois un peu crispé.



