Un meurtre dans les traboules du Vieux-Lyon
Lyon, 2002. Dans les ruelles étroites du quartier historique, un crime brutal vient secouer la tranquillité feutrée du Vieux-Lyon. Très vite, il devient clair qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé. Un tueur en série sévit. L’enquête est confiée au commandant Jo Masso, policier expérimenté, que cette affaire va pousser au-delà des frontières du Rhône… jusqu’à Toulouse.
Mais ce qui pourrait sembler être une affaire de meurtres comme une autre prend rapidement une tournure plus singulière. Car les indices, les obsessions du meurtrier, les mises en scène… tout ramène à un passé lointain : celui des canuts, les ouvriers de la soie qui, en 1834, s’étaient soulevés contre l’ordre établi. Le roman devient alors double : celui d’une traque contemporaine et d’un retour dans une page méconnue de l’histoire sociale française.
Le fantôme de la révolte des canuts
L’un des aspects les plus originaux de Le ver dans la soie réside dans sa dimension historique. Marie-Thérèse Ferrisi fait revivre la révolte des canuts, ces ouvriers tisseurs de soie qui, sous la Restauration, s’étaient insurgés contre des conditions de travail inhumaines. À travers le personnage de Geoffroy Safran, chef d’atelier de la soie en 1834, le roman plonge dans le tumulte de cette époque : les luttes sociales, la fierté des savoir-faire, les trahisons, les rêves d’émancipation.
Mais ce Geoffroy n’est-il qu’un souvenir figé dans le temps ? Ou bien son ombre, son esprit de justice perverti, ne hanterait-il pas encore les lieux, à travers les actes sanglants d’un homme du présent ? L’auteur entretient volontairement une ambiguïté fascinante, jouant sur les parallèles entre l’histoire et l’enquête moderne. Le tueur agit-il au nom d’une mémoire ouvrière oubliée ? Ou est-il seulement le produit dérangé d’un passé mal digéré ?
Un polar psychologique nourri par l’humain
Marie-Thérèse Ferrisi ne se contente pas d’écrire un roman policier classique. Son expérience professionnelle en psychiatrie donne à ses personnages une profondeur psychologique rarement atteinte dans le genre. Le commandant Masso, en particulier, n’est pas qu’un simple enquêteur : il doute, ressent, s’imprègne des lieux, se laisse peu à peu envahir par cette histoire ancienne qui semble rejaillir à chaque coin de rue.
Quant au tueur, il ne correspond pas aux clichés du genre. Sa folie est construite, presque logique. Il incarne une vision déformée de l’héritage, une volonté de justice détournée en vengeance. L’écriture, sobre et précise, permet à l’autrice de suggérer sans jamais tout dévoiler, de maintenir une tension psychologique palpable tout au long du récit.
Une plume engagée et ancrée dans l’Histoire
Dans Le ver dans la soie, Marie-Thérèse Ferrisi tisse avec habileté deux récits entremêlés, comme les fils d’un métier à tisser. Elle redonne vie à une mémoire ouvrière souvent oubliée, et questionne la place de l’histoire dans nos sociétés modernes. En choisissant Lyon et ses traboules comme décor, elle s’appuie sur un patrimoine urbain unique, symbole de transmission, de résistance et de secrets enfouis.
Ce roman n’est pas seulement un polar : c’est aussi une réflexion sur les luttes sociales, sur les traces que laissent les événements du passé dans les consciences collectives, et sur ce que signifie vraiment “hériter”.
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