Une série de morts qui ne collent pas
Tout commence sur une falaise balayée par le vent. Un corps, retrouvé sans vie. Un message gravé dans la pierre : La mort n’est pas la fin. Puis un deuxième corps. Puis un troisième. À Weston-super-Mare, paisible ville côtière anglaise, l’ambiance tourne au cauchemar.
Officiellement, il s’agit de suicides. Mais pour l’inspectrice Louise Blackwell, l’explication est bien trop simple. Quelque chose cloche : la posture des corps, la symbolique du message, la répétition quasi mécanique des mises en scène. Quelqu’un orchestre ces morts. Quelqu’un tire les ficelles.
Un adversaire insaisissable
L’enquête prend un tournant glaçant lorsqu’un nom commence à revenir en filigrane : celui d’un homme charismatique, au discours trouble, à la tête d’un groupe spirituel très fermé. S’agit-il d’une secte ? D’un gourou manipulateur ? Ou d’un simple illusionniste de l’âme ?
Louise, pourtant habituée à la noirceur humaine, se retrouve confrontée à un adversaire retors, invisible, qui semble deviner ses moindres mouvements. La tension monte à chaque chapitre, dans un jeu de manipulation psychologique habilement mené.
Une inspectrice au bord de la rupture
Mais Louise ne lutte pas uniquement contre le tueur. Depuis la disparition inexpliquée de son frère et de sa nièce, elle porte un poids immense. La culpabilité, le chagrin, l’épuisement… Tout menace de la faire flancher. Pourtant, chaque nouveau corps la pousse à continuer. À comprendre. À confronter ses propres démons.
C’est ce mélange entre enquête criminelle et combat intérieur qui rend ce personnage si touchant, si profondément humain. Matt Brolly lui donne une densité rare, et sa douleur devient le moteur même de l’intrigue.
Le piège du doute
Au cœur de Ne me mens pas, se trouve une question dérangeante : peut-on manipuler quelqu’un au point de lui faire croire que la mort est une délivrance ? Dans un monde saturé de croyances et de désillusions, Matt Brolly explore les failles mentales que certains exploitent sans scrupules.
La secte qui rôde autour de l’intrigue n’est jamais caricaturale. Elle est insidieuse, doucereuse, rassurante en surface, mais toxique dans ses fondements. C’est un piège intellectuel et affectif, un refuge qui se transforme en prison mentale. Ce traitement tout en nuance rend le roman d’autant plus glaçant.
Une tension maîtrisée jusqu’à la dernière page
Comme toujours avec Matt Brolly, la mécanique du suspense est bien huilée. L’auteur distille les indices avec justesse, alimente les fausses pistes, fait monter la pression sans relâche. L’atmosphère est sombre, mais jamais désespérée. L’espoir, fragile, reste présent.
Les scènes d’action alternent avec des moments d’introspection et d’émotion, maintenant un équilibre qui fait de Ne me mens pas un thriller aussi haletant qu’intelligent. Et jusqu’à la dernière ligne, le doute plane : qui ment ? Et pourquoi ?
Un roman noir et profond
Avec ce nouvel opus mettant en scène Louise Blackwell, Matt Brolly frappe encore une fois très fort. Il propose un polar psychologique à la frontière du thriller sectaire, où chaque vérité a un prix, et chaque mensonge peut tuer.
Un roman qui séduira les fans de Michel Bussi, Mo Hayder ou Nicci French, et tous ceux qui aiment les intrigues tordues, les personnages tourmentés et les ambiances tendues.
Manipulation, vérité, deuil et secte : Ne me mens pas est un polar noir implacable à découvrir de toute urgence.
Un thriller psychologique haletant, où chaque mot compte. Et chaque mensonge aussi.



